La Slovénie et le développement durable...

Voyager de par le monde n’a jamais été aussi aisé, et les modes de transport n’ont jamais été aussi variés. Il en va de notre devoir de protéger la planète et l’avenir des générations futures en voyageant d’une façon nouvelle, respectueuse et durable. Dans cet objectif de lutte contre la mondialisation et le tourisme de masse et leurs conséquences désastreuses sur notre écosystème et notre avenir, certains pays ouvrent les yeux et prennent conscience de l’importance des enjeux environnementaux d’aujourd’hui et de demain. Ces pays s’inscrivent ainsi dans une démarche dite de développement durable. On pense tous savoir ce qu’est le développement durable, et pourtant, sa définition est toujours un peu vague dans nos esprits. Une petite piqûre de rappel (et pas d’autre chose) s’impose !

“Le développement durable, c’est un mode de développement équilibré des activités humaines qui vise à faire coïncider efficacité économique, préservation de l’environnement et équité sociale. L’objectif global est de répondre aux besoins du présent sans compromettre l’avenir des générations futures.”

S’il y a bien un pays qui se distingue des autres en matière de développement durable, c’est la Slovénie. Eh oui, bien loin de ses voisins européens en particulier grâce à sa grande implication écologique, elle se distingue sur plusieurs points essentiels. La Slovénie a entamé une profonde mutation vers le développement durable et responsable. C’est d’ailleurs le premier pays à recevoir le titre de destination mondiale verte, en partie grâce à son approche durable dans divers domaines économiques et sociaux comme les énergies, les transports, le traitement des déchets, la gestion des ressources et de l’eau, la conservation de la biodiversité ou encore l’identité gastronomique.

...Une histoire d'amour dans le pré

La Slovénie à depuis longtemps fait preuve d’avant-gardisme dans le domaine de l’écologie. Le développement d’une conscience environnementale y remonte au cours des années 80, où des études scientifiques ont permis de constater que la pollution avait en plusieurs endroits atteint une ampleur telle qu’elle menaçait sérieusement la santé humaine et la biodiversité.

A l’époque, en 1995, les principaux responsables de la pollution atmosphérique sont les installations industrielles et de chauffage (82% des émissions de SO2 et 40% des émissions de CO2) et le trafic routier (70% des émissions de NOx, 90% des émissions de CO et 30% des émissions de CO2). C’est pourquoi Le parlement slovène a créé en 1993 un « conseil pour la protection de l’environnement » grâce auquel des scientifiques soumettaient des propositions de normes environnementales et diverses possibilités d’actions. Depuis 1995, le ministère slovene de l’environnement est ainsi compétent dans les domaines de la protection des eaux et de la nature.

Qu’en est-il dans les faits, et est-ce un modèle viable même dans les plus grandes villes ? Grâce à son exceptionnelle conscience environnementale, Ljubljana a su préserver sa nature environnante, et au cours des dix dernières années, elle est devenue l’une des capitales européenne les plus verte, avec la mise en place de nombreuses stratégies comme le “zéro déchets”, et à une forte volonté des pouvoirs publiques de mettre en avant l’économie circulaire. Aujourd’hui, la capitale slovène détient fièrement le titre de «European Green Capital 2016» ainsi que de nombreux autres prix internationaux. Entre les innombrables espaces piétons et cyclables, ses parkings transformés en parcs, ses fontaines d’eau naturelle potable et ses politiques environnementales toujours plus ambitieuses, Ljubljana n’a rien à envier aux autres mégalopoles européennes, bien au contraire. Par exemple, grâce à ces projets, des plantes mellifères autochtones (plantes produisant de grandes quantités de nectar et de pollen comme l’ail des ours, le pissenlit ou la lavande) ont été plantées sur les toits des arrêts de bus de la ville.

Pour les autres villes de Slovénie, en dépit de leur petite taille, elles offrent une abondante richesse culturelle, architecturale et culinaire. De plus, leur centre-ville se trouve en général à seulement quelques minutes de prairies et de forêts verdoyantes. Ce mélange de tissu urbain et naturel constitue donc un point de départ idéal pour développer des pratiques durables et saines pour l’environnement, pour réduire les nuisances sonores, assainir l’air et veiller à la santé et au bien-être des citoyens. De nombreux projets innovants dans les villes du pays viennent ainsi renforcer une histoire verte slovène ancrée dans les traditions,  attirant chaque année de nouveaux touristes avertis et émerveillés. 

Un pays vert part nature

Seul pays à réunir à la fois les Alpes avec les Alpes Juliennes, la méditerranée avec l’Adriatique, le plateau du Karst et la plaine Pannonienne, elle abrite plus de vingt-deux mille espèces animales et végétales et près de 60 % de sa surface est couverte par la forêt, en faisant le troisième pays le plus boisé d’Europe. De plus, jusqu’à 13 % du territoire est constitué de parcs naturels, et en 2018, le pays comptait 355 sites protégés dont 31 zones de protection spéciale (ZPS) et 324 zones spéciales de conservation (ZSC) faisant partie du réseau Natura 2000, ce qui représente près de 38% de la surface terrestre et maritime de la Slovénie ! 

Vous l’aurez compris, la Slovénie possède ainsi une très grande diversité de paysages et d’écosystèmes. Quel que soit l’endroit où vous regardez, il y aura forcément du vert. Entre les chaînes montagneuses couvertes de végétations, les reflets des forêts luxuriantes dans la mer Adriatique, les raisins des vignobles à perte de vue et la fraîcheur des pâturages des plaines de Pannonie, le vert fait partie du quotidien de tous les slovènes. On comprend donc mieux pourquoi il est si important pour les slovènes de veiller à conserver leurs véritables trésors, aussi bien naturels que culturels.

Dans cet objectif, les parcs dotés du label “Slovenia Green Park” se trouvent au premier plan des efforts pour un comportement plus responsable et durable envers les richesses naturelles et culturelles. De la même façon, certaines plages sont particulièrement engagées dans une démarche écologique durable. Par exemple, depuis plusieurs années maintenant, la plage du château de Bled est la première à recevoir le label “Green Slovenia” pour une plage, et arbore avec fierté un drapeau bleu, qui symbolise une propreté extrême de l’eau.

Si l’on regarde les villes slovènes, ce qui frappe immédiatement est la quantité des espaces verts en zone urbaine. L’aménagement des parcs publics et naturels, des bois et des forêts, mais aussi les berges naturelles des rivières et des fleuves invite les résidents et les visiteurs à y passer activement leur temps libre. De ce fait, la sensibilisation à la protection de ces espaces augmente fortement, et la pollution athmosphérique elle, dimunue en conséquence. Par exemple, à Ljubljana, près de 50% de la superficie de la ville est constituée de forêts indigènes, 3/4 de la surface totale de la ville est verte, et plus de 20 % de ces espaces naturels représentent des zones protégées.

Green Slovenia : du label rouge au label vert

Toujours dans un souci de durabilité, et afin de garantir le caractère respectueux de l’environnement et de la culture par les différents prestataires de services touristiques slovènes, un label dénommé “Green Slovenia” à été mis en place. Ce programme de certification national permet donc, grâce à une évaluation selon les normes mondiales des destinations vertes, d’améliorer la durabilité et les exigences environnementales du tourisme en Slovénie. Selon le degré d’exigences respectées, des médailles sont décernées aux différentes destinations (bronze, argent, or ou platine), tandis que les prestataires de services comme les agences, les restaurants, les sites touristiques ou les plages peuvent acquérir le label Green Slovenia. Concrètement, l’année dernière, 37 nouveaux lieux ont reçu le certificat Slovénie verte, portant le nombre de détenteurs du label à 157 prestataires ou destinations durables ! Parmi elles, la ville de Bohinj est la première destination à obtenir le label Green Slovenia platine, représentant un pas de plus pour la Slovénie vers une destination 100% durable. A ce programme de certification vient s’ajouter le “Green Scheme of Slovenia Tourism” qui vient en aide aux organisations touristiques, en leur proposant des formations et des promotions, afin de devenir plus durables.

Dans la même logique, 12 restaurants ont obtenu l’année passée le label Green Slovenia. Combiné au titre de la région gastronomique européenne de 2021 et ses toutes premières étoiles Michelin, la Slovénie se hisse fièrement parmi les plus grandes destinations gastronomiques et responsables au monde.

En parlant de gastronomie durable…

La Slovénie avec ses lacs, sa terre fertile et sa diversité d’environnements offre des conditions favorables à une multitude de produits locaux, frais et de qualité. 

Axée sur une approche de développement durable, une chaîne d’approvisionnement courte et des produits de haute qualité tels que son miel et son vin, la Slovénie a été nommée “région gastronomique européenne 2021” par l’Institut international de la gastronomie, de l’art et de la culture (IGCAT). 

En effet, le pays s’efforce constamment de mettre en place des mesures pour garantir une une gastronomie qui prenne soin de notre santé, et de notre planète mais aussi visant à préserver la biodiversité.

Ce n’est pas étonnant que les Nations Unies aient déclaré le 20 mai en tant que Journée mondiale des abeilles, à l’initiative de la Slovénie, qui se classe au sommet dans l’Union Européenne en termes de nombre d’apiculteurs par habitant. L’apiculture est en effet une riche et longue tradition pour la Slovénie, tout comme la tradition viticole.

Chaque jour, les marchés Slovènes ouvrent leur porte et proposent des ingrédients de qualité, biologiques et frais, cultivés localement et dans le respect des saisons. Les habitants comprennent aujourd’hui que ce mode de consommation permet de garder le territoire en vie, mais aussi leur permet de bénéficier d’une consommation plus saine et respectueuse de l’environnement. C’est aussi un mode de consommation qui tend vers le zéro-déchet lorsque ces produits sont vendus sans emballage. 

Certains restaurateurs ont décidé d’aller plus loin et s’engagent à suivre des principes fondamentaux de la cuisine durable. Leur étroite collaboration avec des fournisseurs locaux permet d’offrir une gastronomie de saison respectueuse de la tradition locale et cultivée selon des critères durables. La gastronomie slovène a ainsi été récompensée dans la catégorie de la durabilité : Ce sont pas moins de six restaurateurs slovènes qui ont reçu la très convoitée étoile verte Michelin en 2021.

Parmi ces étoiles montantes de la gastronomie slovène se trouve la cheffe Ana Roš, classée en 2017 comme la meilleure cheffe du monde par la revue 50 Best Restaurants avec son restaurant deux étoiles, Hiša Franko. Situé au pied des imposantes montagnes et à côté de la rivière émeraude, la cuisine du Hiša Franko s’inspire de ce que la nature a à offrir, tout en proposant une gastronomie slovène traditionnelle moderne et au plus haut niveau. 

Mais il n’y a pas que les restaurants étoilés qui se sont mis au vert, la cuisine durable à également trouvé sa place dans les auberges et les fermes touristiques du pays et fait partie aujourd’hui d’événements d’envergure internationale comme le Sommet Européen de l’Alimentation qui s’est tenu à Ljubljana cette année. Une des initiatives les plus importantes d’Europe dans le domaine nutritionnel et culinaire.

Slow Tourism : vert de nouveaux horizons

Le tourisme a été bouleversé par la pandémie, et de plus en plus de voyageurs font désormais le choix d’un tourisme alternatif, qui pousse à voyager près de chez soi et donner du sens au voyage. Cette nouvelle approche au voyage devient presque une nouvelle norme dans l’offre touristique et dans les choix des voyageurs. 

Il s’agit de mettre l’accent sur la qualité plutôt que la quantité, de prendre le temps d’explorer, de s’éduquer, et de nouer des liens avec les populations, la culture, la musique, tout en favorisant l’économie locale et la protection de l’environnement. 

Fondée sur une vision à long terme, une nature préservée, et des relations solides avec ses communautés, la Slovénie peut être fière de figurer parmi les dix meilleures destinations durables à visiter en 2021, sélectionnées par le magazine allemand Falstaff Travel, consacré au tourisme. Le pays fait preuve de détermination dans ses efforts tournés vers la durabilité comme le centre-ville fermé à la circulation à Ljubljana, l’initiative mise en place pour réduire les déchets ou encore des initiatives collectives. En effet, aujourd’hui 30 villages d’Autriche, d’Italie, d’Allemagne et de Slovénie font partie de l’Association Alpine et répondent pleinement aux objectifs de la Convention sur la protection des Alpes, en s’engageant à assurer un développement durable dans toute cette région.

Les opérateurs locaux, véritables fournisseurs d’activités et d’émotions fortes, proposent eux aussi de plus en plus de “slow activities » ou “activités lentes” mais tout de même intenses et accessibles pour tous les âges… et tous les goûts : Entre randonnées et ski de fond, observation d’oiseaux et cyclisme, visites de grottes et dégustation de vins, les slow activities de la Slovénie n’ont pas fini de vous surprendre ! 

C’est également au tour des hébergements slovènes de rejoindre le mouvement et de mettre en place des initiatives durables, comme un hôtel complètement construit à partir de matériaux écologiques et visant l’autosuffisance énergétique, ou bien un hôtel avec des ruches sur son toit pour favoriser la pollinisation dans la ville et pour produire son propre miel. C’est aussi le cas du premier hôtel slovène à avoir obtenu le titre d’hôtel zéro déchet, notamment grâce à sa gestion des déchets et de l’eau potable et la réduction d’aliment rejetés.

Je pense, donc je trie !

L’initiative zéro déchet prend au fil du temps une importance croissante en Slovénie. C’est désormais 9 municipalités slovènes qui s’engagent à réduire considérablement les déchets (15 000 tonnes de déchets), une première étape vers un compostage et un recyclage des déchets produits beaucoup plus efficace. Ljubljana ne cesse de surprendre et s’engage elle aussi à atteindre les 78% de collecte séparée et à diminuer à 60 kg par an et par habitant la quantité de déchets résiduels d’ici 2025. Une mesure semble-t-il à la hauteur de ses ambitions, puisqu’elle est dores et déjà en tête du classement des villes européennes en pourcentage de déchets recyclés.

3...2..1.. feu vert pour les transports durables

On le sait, le secteur du transport est l’un des principaux émetteur de gaz à effet de serre nocif à notre planète. Afin de réduire drastiquement ses émissions, la capitale Slovène s’est donné les moyens et à mis en place des mesures de mobilité durable avec succès: 

Avec l‘interdiction de transports motorisés au centre-ville, accompagnée de la promotion de véhicules propres, électriques ou au gaz, elle favorise les cyclistes et les piétons, avec des pistes cyclables et son système de vélo en libre-service “Bicike (LJ), et une zone piétonne de plus de 12 hectares. Des transports publics comme les “Kavalir”, minibus électriques gratuits sillonnent également le centre-ville. 

Toutes ces mesures pour des transports plus durables contribuent également à l’amélioration de la qualité de l’air, pour laquelle la Slovénie à fait l’objet d’une procédure d’infraction en 2010. Cet électrochoc, combiné à une prise de conscience collective, se traduit aujourd’hui à Ljubljana par 5 nouveaux parcs publics d’une surface de 40 hectares, plus de 2 000 nouveaux arbres plantés, l’aménagement piéton des rives de la Save ou encore l’interdiction du chauffage au bois dans les quartiers qui bénéficient du chauffage urbain ou du réseau de gaz naturel. Tout cela contribue à faire de la capitale slovène l’une des villes les plus verte et durable au monde.

Green tech : la technologie a de l'avenir

Avec une digitalisation croissante et une consommation digitale toujours plus élevée, le secteur de la technologie a pris une importance décisive sur l’avenir de l’environnement, et l’on observe de plus en plus d’initiatives vertes ou “green tech” apparaître. Désormais, la transition numérique est au centre de l’attention, et les pays font face à de nouvelles questions: Comment aborder la transition numérique et s’adapter pour faire face au changement climatique ? 

La Slovénie s’y prépare avec attention, et lors de l’événement de L’Assemblée des PME 2021, qui s’est tenu pendant 3 jours, les participants slovènes à l’assemblée ont pu échanger et apprendre à aborder ces sujets pour faire de la Slovénie un pays à la fois vert et connecté, mêlant développement durable et innovation numérique.

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